Relations Arbitres – Entraîneurs

| 13 février 2009 | 0 Commentaire

En sport, quelque soit la discipline pratiquée, il existe un trio indissociable : le joueur, l’entraîneur et l’arbitre. Des relations réciproques s’établissent entre ces individus et il arrive que des désaccords voire même des conflits les opposent. Cela se voit sur tous les terrains du monde et aucun sport ne semble épargné. Cela peut aller du simple incident sans conséquences jusqu’à l’accroc proprement dit.

La relation Arbitre-Entraîneur présente des aspects psychologiques particuliers. Cela est essentiellement dû à l’affrontement entre deux personnalités différentes qui sont face à face et dont les motivations et les statuts ne sont pas tout à fait identiques.

L’entraîneur d’aujourd’hui est un professionnel. Il fait du sport son métier. Dans le Haut niveau essentiellement, le temps du bénévolat paraît bien loin. Il est donc rémunéré pour les services rendus et doit, par conséquent, rendre des comptes à son employeur (le Bureau directeur du club). Sa compétence, et par là même sa longévité au poste, seront appréciées en fonction des résultats obtenus sur le terrain. Si ces derniers sont satisfaisants et si son équipe gagne, il n’y aura pas de problème. En revanche, c’est-à-dire en cas de défaite, il devra rendre des comptes et c’est à lui qu’on s’en prendra en premier lieu. C’est souvent lui le bouc émissaire, le souffre-douleur et la tête de turc des joueurs, des dirigeants et des supporters !

C’est donc lui, en premier lieu, qu’on s’empressera de limoger le cas échéant en justifiant cette décision par le fameux « choc psychologique ». En fait, l’entraîneur est un personnage assis sur un siège éjectable et dont la situation est fragile. D’ailleurs, il n’est pas rare de nos jours, de voir un certain nombre de clubs changer de coach plusieurs fois dans une saison, sous prétexte de résultats insuffisants, et ce, bien qu’il existe un statut ou un contrat de travail censé les protéger ! En outre, il faut tenir compte, de nos jours, des enjeux socio-économico-politiques qui influent sur le sport d’une manière générale. Les sponsors par exemple ont tout intérêt à ce que le club dont ils sont partenaires gagne ses matchs et soit ainsi classé parmi les meilleurs. Si tel n’est pas le cas, ils le menaceront de lui supprimer tous les apports financiers dont il bénéficie. Idem en ce qui concerne les autorités locales et nationales (mairie, ministère…) qui exigent des résultats positifs et dont les subventions dépendent souvent du classement obtenu par l’équipe à la fin de la saison.

Bref, toute la pression repose donc sur les épaules de l’entraîneur : soit il réussit et il garde son poste ; soit il échoue et il sera renvoyé. Il n’est donc pas étonnant de voir la plupart des entraîneurs s’agiter souvent sur leur banc, gesticulant, vociférant et s’emportant à la moindre décision défavorable des arbitres ! Bien évidemment, une telle attitude aura pour conséquence de perturber ces derniers, de déconcentrer les joueurs et d’exciter les spectateurs !

L’arbitre, quant à lui, est un amateur au vrai sens du mot. A notre connaissance, à l’exception des Etats-Unis d’Amérique (et ces dernières années de quelques pays européens), il n’existe pas de professionnalisme dans l’arbitrage. Celui-ci demeure une vocation, un loisir ou tout simplement comme le définit Robert BUSNEL, ancien président de la FIBA : « La fonction d’arbitre ne peut être considérée comme un métier, mais comme un sacerdoce, une œuvre de foi, un apostolat ».

Cependant, malgré son statut d’amateur, l’arbitre est appelé à se comporter comme un vrai professionnel. Dans les compétitions, la pression est devenue tellement importante que tout le monde veut qu’il soit irréprochable, qu’il possède toutes les qualités, voire qu’il soit…parfait ! S’il commet des erreurs, le public s’en prendra à lui et l’entraîneur l’accusera d’avoir été à l’origine de tous ses maux…

Ainsi donc, l’arbitre sur le terrain et l’entraîneur sur le banc, sont constamment sous tension. Il leur arrive de se méfier l’un de l’autre, de sympathiser parfois et de s’observer souvent. En tous cas, de leurs rapports dépend toujours l’ambiance de la rencontre et leurs relations influenceront sensiblement la conduite des joueurs et l’attitude des spectateurs.

 

Que reprochent les entraîneurs aux arbitres

  1. Leur autorité excessive et leur manque de psychologie. En effet, certains arbitres, dès qu’ils ont le sifflet dans la bouche, se prennent pour des vedettes, voire des gendarmes. Ils refusent toute forme de dialogue, s’isolent dans leur bulle et ne font pas preuve de tact. Pis encore, dans certaines situations où un sourire ou un geste amical peut être d’une grande utilité, ils se comportent d’une manière tellement maladroite que le conflit devient inévitable.
  2. Leur niveau culturel et socioprofessionnel relativement peu élevé par rapport à celui des entraîneurs ( ?!). En effet, on ne demande pas toujours à quelqu’un qui veut devenir arbitre d’avoir suivi une scolarité très avancée, alors nombre de fédérations exigent un bon niveau d’instruction (et diplômes !) de ceux qui désirent embrasser la carrière d’entraîneur…
  3. Ils ne connaissent pas grand-chose à la technique du jeu (fondamentaux, gestes techniques…), ni aux tactiques (systèmes défensifs et offensifs). Certains d’entre eux n’ont jamais joué au basket ou l’ont pratiqué à un niveau rudimentaire ! De plus, avec leurs connaissances techniques approximatives, ils empêchent les joueurs d’appliquer ce qu’ils ont appris à l’entraînement et « sabotent » ainsi le travail de l’entraîneur. Enfin, celui-ci est parfois obligé de préparer son équipe en fonction de l’arbitre désigné ; ceci étant données l’absence d’unité et d’uniformité dans la manière de siffler de chacun.
  4. Leur manque de rigueur dans leur préparation athlétique et le peu de soin qu’ils apportent à leur condition physique. Un certain nombre d’entre eux ne s’entraînent pas assez ou pas du tout ! Ils sont donc incapables de suivre le rythme élevé des matchs et se trouvent dépassés pas les évènements durant les dernières minutes décisives des rencontres.
  5. Leur arbitrage « à la maison » et leur manque de courage, surtout pendant les parties très serrées et dont l’enjeu est important. Parfois, ils « font des calculs » et se font influencer par le public local ou perdent leur sang froid.
  6. Leur présentation mal soignée ou trop décontractée. Certains d’entre eux s’habillent mal ou n’accordent pas une attention particulière à leur élégance et à leur aspect extérieur (tenue débraillée, barbe mal rasée…).

Quelles solutions ?

Afin d’éviter d’éventuelles critiques de la part des entraîneurs et pour se faire remarquer le moins possible, l’arbitre doit mettre tous les atouts de son côté et ne rien laisser au hasard dans sa préparation :

  1. Faire preuve de discrétion avant, pendant et après le match. Cela commence en dehors du terrain par sa façon de s’habiller. Une présentation propre et élégante est indispensable. Le port de la veste et de la cravate s’avère nécessaire si l’arbitre veut que le premier contact avec les entraîneurs, les dirigeants et les médias soit réussi. Pour lui, le jour du match doit être un jour de fête !
    Il doit donc donner la meilleure image de lui-même car la première impression est très importante. Sur le terrain, pendant le déroulement de la rencontre, il veillera surtout à passer inaperçu : les spectateurs viennent pour voir le match et non l’arbitre ! Il sera donc ferme mais poli, autoritaire mais humain, présent mais invisible. Il s’adressera à l’entraîneur en l’appelant « Monsieur » (ou « Madame ») et tâchera d’être toujours courtois et correct. Mais cela ne l’empêchera pas de sanctionner si cela s’avère nécessaire pour le bon déroulement de la partie. En effet, une sanction juste, prise à bon escient et sans aucune acrimonie sera unanimement acceptée et aura des répercussions positives sur l’ensemble des participants !

    En résumé, un (bon) arbitre est un individu qui se comporte en AMI et comme un GENTLEMAN. C’est un mordu et un passionné qui vient aider les joueurs à progresser. C’est aussi un TECHNICIEN et un SPORTIF qui contribue à la qualité du spectacle et au plaisir qu’on y prend. Ses meilleures armes sont en premier lieu la PATIENCE, la SERENITE, la CONFIANCE en SOI et…le SOURIRE de l’amitié.

  2. Les Fédérations nationales devront accorder une attention particulière au recrutement, à la formation et au perfectionnement de leurs arbitres. Pour cela, des stages à intervalles réguliers seront organisés et dirigés par des instructeurs qualifiés.
    De plus, des tests d’aptitude physique et des contrôles de connaissances seront mis sur pied au début et au milieu de chaque saison sportive.
    Enfin, on exigera un niveau d’instruction (universitaire ?!) au moins équivalent à celui qu’on demande aux candidats à la fonction d’entraîneur. Cela contribuera sûrement à améliorer la qualité du corps arbitral et probablement à atténuer d’éventuels complexes d’infériorité. D’ailleurs, l’arbitre moderne, tous sports confondus, n’est-il pas tenu de rédiger correctement un rapport, de savoir communiquer avec les médias et de…parler correctement en anglais !
  3. Suivre des stages, assister à des séminaires techniques et participer à des débats avec des entraîneurs. L’arbitre est aussi un technicien qui a son mot à dire dans ce domaine. Les contacts entre les coachs et les arbitres devront être facilités par les Directions techniques des fédérations nationales. Ceci permettra de rapprocher les différents points de vue, d’établir un dialogue et, surtout donnera l’occasion aux arbitres de mieux assimiler les techniques de jeu et de comprendre les gestes du joueur (appuis, dribbles, contacts, marchers…). Il aura aussi une idée plus claire sur les systèmes et les tactiques utilisées par les équipes. S’il a la possibilité d’entraîner lui-même une équipe de jeunes ou de seniors (quelque soit son niveau), ça sera un plus pour lui ! Là, il pourra ressentir ce que ressent l’entraîneur et vivra la pression et le stress supportés par ce dernier. Enfin, il lui est vivement conseillé de jouer au basket pendant ses entraînements avec ses collègues, ou, mieux encore et dans la mesure du possible, participer à des rencontres officielles au sein d’un (petit ?!) club. Cela aura pour but de lui permettre de se mettre à la place du joueur qui est soumis, pendant la rencontre, à diverses pressions et frustrations…
  4. S’occuper sérieusement de sa condition physique et de sa préparation athlétique. Au même titre que le joueur, l’arbitre doit être prêt, à 100%, pour le Jour J, celui du match. Le basket (et le sport) moderne devient de plus en plus rapide et engagé physiquement. L’arbitre devra donc constamment au top de sa condition pour être toujours près de l’action et ainsi siffler d’une manière juste et cohérente.
    Il serait à peine utile d’affirmer que c’est d’abord l’arbitre lui-même qui est le premier responsable de sa propre préparation. Il lui revient donc d’organiser personnellement ses entraînements (il pourrait, le cas échéant, consulter des spécialistes !), de doser leur intensité et d’établir un planning sur la saison sportive. Ceci exigera de lui une certaine part d’enthousiasme, de motivation et de disponibilité. A ce propos, il arrive que la Commission des arbitres de la Fédération ou de la Ligue régionale organise des séances collectives pour l’entraînement de leurs arbitres. Celles-ci ont lieu deux ou trois fois par semaine, sous la direction d’un entraîneur qualifié. D’ailleurs, ce travail en groupe peut s’avérer intéressant car il permet de renforcer les liens de camaraderie entre collègues et aussi de créer une saine émulation en rendant l’entraînement plus agréable…
    Quoiqu’il en soit, tout entraînement serait incomplet s’il n’y avait pas une évaluation périodique de la part de la Fédération nationale et également de la FIBA en ce qui concerne les arbitres internationaux. On organisera donc régulièrement, selon le protocole édicté par les instances internationales, des tests chronométrés pour apprécier les facultés d’endurance et de vitesse des arbitres. Ceux qui ne répondront pas aux critères en vigueur seront éliminés et instamment priés à se mettre à jour dès que possible, s’ils veulent poursuivre leur carrière…
  5. L’arbitre doit être convaincu d’une chose essentielle : sur le terrain, il est le représentant de sa Fédération nationale et aussi de la FIBA. C’est donc pour lui un honneur et une responsabilité et ce statut lui confère des droits mais également des devoirs. Il doit en effet se considérer comme un « ambassadeur » et, par conséquent, donner le meilleur de lui-même en faisant preuve d’une impartialité absolue et d’une intégrité sans faille ! Ses principaux atouts seront son courage, mais aussi le soutien moral et la confiance qui lui sont accordés par sa Fédération nationale et par la FIBA et ses instances continentales.

Que demandent les arbitres aux entraîneurs ?

Les entraîneurs ne sont pas les seuls à se plaindre des arbitres. Ces derniers ont aussi des remarques et des doléances à faire concernant le comportement des entraîneurs et les relations qu’ils entretiennent avec eux.

  1. Les entraîneurs connaissent mal le code de jeu et ses différents commentaires, interprétations et modifications. Ils croient tout savoir, alors que rares parmi eux ceux qui possèdent le manuel du règlement officiel à jour ! En outre, ils sont incapables de comprendre la technique d’arbitrage. Durant leurs séances d’entraînement, ils expliquent rarement à leurs joueurs les subtilités des lois de jeu et les divers aspects de l’arbitrage en les associant à la technique (Exemples : les contacts personnels, la progression avec le ballon…). Enfin, ils n’attirent pas souvent l’attention de leurs joueurs sur les actions ou les gestes prohibés par le règlement et qui sont à l’origine des fautes techniques, antisportives ou disqualifiantes (Exemples : toucher le ballon ou le pousser délibérément après un panier marqué pour faire perdre du temps, discuter inutilement les décisions de l’arbitre…).
  2. Ils ne sont pas souvent capables de maîtriser leurs joueurs et sont soumis à l’influence et à la pression des dirigeants et des supporters. Ils se « défoulent » donc sur les arbitres, alors qu’ils feraient mieux de se pencher sur leurs propres erreurs et revoir les faiblesses de leur équipe pour mieux les corriger ! Après le match, ils oublient les maladresses de leurs joueurs et les insuffisances du groupe (pourcentage aux tirs et aux lancers francs, balles perdues, rebonds…) et ne se souviennent que d’une ou deux décisions arbitrales qui leurs sont défavorables, et ce, afin de justifier leurs défaites…
  3. Leur présentation souvent mal soignée (en survêtement ou en jeans…). Ils sont suffisamment rétribués pour pouvoir s’habiller correctement (costume-cravate) le jour du match et ainsi s’attirer le respect de tous dont celui des arbitres. Pour cela, ils pourraient s’inspirer de l’exemple des coachs de la NBA, toujours tirés à quatre épingles (les joueurs aussi !), ce qui leur confère une image très professionnelle et renforce, par là même leur autorité.
  4. Ils sont mauvais perdants et parfois même hypocrites ! Quand ils gagnent, c’est grâce à eux, autrement dit parce qu’ils sont bons ; mais en cas d’échec, c’est selon eux, la faute des arbitres ! Quelques fois, ils viennent demander des explications sans grand intérêt, tout en cherchant à « coller » l’arbitre ou à le faire douter de ses connaissances. Il leur arrive aussi de déposer une réclamation pour une présumée erreur technique d’arbitrage. Ils croient toujours avoir raison mais en fait ce n’est pas souvent le cas et leur attitude exprime leur ignorance du règlement ou leur…mauvaise foi !
  5. Il s’excitent trop sur leur banc, sont rarement assis et prennent le ciel à témoin à chaque décision arbitrale qui leur est défavorable. Leur comportement théâtral agit négativement sur les joueurs et risque même d’être à l’origine d’actes répréhensibles de la part des spectateurs. D’ailleurs, une telle conduite de l’entraîneur pourrait, dans certains cas, provoquer la colère du public contre les arbitres, colère qui peut s’exprimer par les insultes, voire même l’agression physique !
  6. Avec leurs joueurs (surtout les jeunes), ils devraient toujours montrer le meilleur d’eux-mêmes en servant de modèle. Cela commence par le respect des décisions de l’arbitre. A ce propos, je me souviens personnellement d’un entraîneur qui, à chaque coup de sifflet (faute ou violation) contre l’un de ses joueurs, lui criait : « C’est juste ! ». Cette réaction avait toujours un effet calmant et permettait au joueur de se concentrer sur son match et à…oublier les sentences de l’arbitrage et les éventuelles frustrations qui en découlent !

Que faut-il faire ?

  1. Obliger les entraîneurs à suivre des stages ou à assister périodiquement à des séminaires sur l’arbitrage. Ceci pourrait se faire au début de chaque saison. Les entraîneurs et les arbitres échangeront ainsi leurs points de vue sur le règlement de jeu et apprendront aussi à mieux se connaître et à s’apprécier mutuellement sur le plan humain et relationnel, et ce, en dehors des situations de confrontation et de conflit qu’ils ont habituellement sur le terrain. D’autre part, l’étude des lois du basket au cours des stages de formation d’entraîneurs devra être systématiquement enseignée par des instructeurs qualifiés. Les coachs seront interrogés sur leurs connaissances en matière de code de jeu, et une note affectée d’un coefficient important leur sera attribuée. Celle-ci interviendra dans le calcul de leur moyenne d’admission au diplôme d’entraîneur.
  2. Au cas où les entraîneurs rechigneraient à venir aux stages et aux clinics sur l’arbitrage qui leur sont proposés, ça serait aux arbitres d’aller vers eux ! Pour ce, la Commission fédérale ou régionale d’arbitrage pourrait envoyer ses meilleurs arbitres « prêcher la bonne parole » au sein des clubs. Ils pourront ainsi expliquer aux joueurs, aux entraîneurs et aux dirigeants présents lors d’une séance d’entraînement, tout ce qui a trait aux lois du jeu et à leurs modifications éventuelles. Ces interventions pourraient avoir lieu au commencement de la saison sportive et se pérenniser pour devenir incontournables.
  3. Et si chaque Fédération ou Ligue imposait à tous ses entraîneurs d’arbitrer un nombre minimum de rencontres officielles au cours de la saison sportive ? On pourrait ainsi exiger de chaque entraîneur exerçant au sein d’un club, de diriger dans l’année, une trentaine de matchs (de jeunes par exemple), soit en moyenne une par semaine, sous peine de se voir refuser la validation de sa licence fédérale ou l’homologation de son contrat ! Cette démarche aura un double objectif : tout d’abord, faire assimiler aux entraîneurs le règlement de jeu sur le tas, c’est-à-dire d’une manière concrète et pratique ; ensuite les contraindre à « se mettre à la place de l’arbitre », et donc à assumer cette lourde responsabilité et partant à mieux saisir les difficultés de l’arbitrage et ainsi respecter davantage les décisions des arbitres lorsqu’ils dirigent leurs équipes à partir du banc de touche…
  4. Renforcer les sanctions à l’encontre des entraîneurs fautifs ou indisciplinés. C’est ce qu’a fait la FIBA depuis 1984 en augmentant le nombre de lancers francs pour la faute technique d’entraîneur en plus de la possession du ballon pour l’équipe adverse. De plus, un entraîneur qui commet trois fautes techniques qu’elles soient dues à son propre comportement ou à ceux qui son assis sur le banc de l’équipe, sera disqualifié pour la rencontre en question et la Commission fédérale de discipline se réserve le droit de le suspendre pour les journées à venir ! Par ailleurs, l’instauration de la zone de banc d’équipe a permis de limiter le déplacement des entraîneurs en les éloignant de la table de marque pour permettre aux officiels de faire leur travail dans le calme et sans pression de part et d’autre des bancs des équipes. Certaines Fédérations ou Ligues ont également institué des sanctions supplémentaires dans leur règlement intérieur comme par exemple celui de suspendre pour un ou plusieurs matchs, l’entraîneur qui aurait écopé de trois fautes techniques même durant des rencontres différentes. Enfin, l’article 39 du Règlement officiel FIBA stipule que « lors d’une bagarre, si l’entraîneur ou l’entraîneur adjoint quitte la zone de banc d’équipe et n’aide pas ou n’essaie pas d’aider les arbitres à maintenir ou à rétablir l’ordre, il doit être disqualifié ». Bien entendu, la Commission technique de la FIBA reste toujours à l’écoute des propositions de ses experts concernant tout amendement relatif à la révision ou au renforcement des sanctions touchant le staff technique.
  5. Interdire strictement à tout entraîneur de faire des déclarations aux médias critiquant explicitement les arbitres ou mettant publiquement en doute leur intégrité et leur bonne foi. Si cela arrive, la Fédération nationale (ou internationale) ne devrait pas fermer les yeux et donc ne pas hésiter à sanctionner l’entraîneur fautif et le rappeler à l’ordre, et ce, dans le but de préserver la dignité des arbitres et de ne pas les fragiliser.
  6. Mettre en jeu, chaque année, un trophée pour l’entraîneur le plus fair-play. Cette récompense, à laquelle on accordera tout le prestige qu’elle mérite, sera décernée par un jury composé de journalistes sportifs, de dirigeants fédéraux et…d’arbitres et elle sera remise à l’entraîneur qui aura fait preuve, durant toute la saison, de correction, de discipline et de courtoisie à l’égard des directeurs de jeu et des adversaires. Cette distinction pourrait aussi être instituée lors des compétitions internationales.

Conclusion

D’après ce qui précède, il paraît urgent et nécessaire que les arbitres et les entraîneurs puissent s’entendre et converger leurs points de vue vers un même objectif, en l’occurrence le minimum de conflits et de désaccords ! Un dialogue constructif est donc indispensable si on veut que notre sport évolue et que les incidents diminuent sur le terrain et autour de celui-ci. Ce rapprochement entre techniciens (les arbitres et les entraîneurs) se fera par l’intervention de la Direction technique de l’Arbitrage et de la Commission des Arbitres (fédérale ou régionale). Celles-ci feront en sorte que les réunions entre les arbitres et les entraîneurs soient régulières et périodiques et que les débats entre les deux parties soient fructueux, conviviaux et dépassionnés.

En tous cas et malgré leurs motivations différentes, arbitres et coachs sont appelés à cohabiter, à s’accepter et à travailler ensemble. Cela ne pourra se réaliser qu’avec une compréhension mutuelle, un respect réciproque, beaucoup de coopération et de tolérance de part et d’autre.

Une chose est sûre : l’arbitre et l’entraîneur appartiennent tous les deux à la même famille sportive et le basket a besoin des deux pour progresser, car sans l’un ou l’autre il ne pourrait exister…

Tunis, le 13 février 2009

Article écrit par Noureddine TABOUBI

*Professeur à l’Institut Supérieur du Sport et de l’Education Physique de l’Université de Tunis*

* Entraîneur Régional FFBB *

**Arbitre Honoraire FIBA & FFBB**

***Commissaire technique FFBB et FTBB***

*Instructeur FTBB*

A propos de l'auteur:

Je m'appelle Christophe, 36 ans et j'officie en tant qu'arbitre du championnat de France de Basket. Poser vos questions, commentez ou soumettez vos articles, bref, faite vivre Passion-Arbitrage.fr
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